Le monstre

21 décembre 2007 01:16
 
 

Il y a bientot 2 semaines maintenant, j'ai commencé un nouveau cycle d'insomnie qui n'est pas prêt de s'arranger. Oui, l'insomnie ça me connait, mais ca vient surtout par vagues. D'inquiétantes vagues. Qui finissent toujours par lamentablement s'abattre dans un bruyant fracas. La nuit dernière, j'ai commencé à chercher ce qui pourrait être la véritable cause de ces insomnies, et j'ai aussi commencé à trembler.
Le fait est que j'avais beau chercher... trop d'informations venaient à mon esprit. Il y a les "banalités" de la vie; les déboires sentimentaux, ou le stress au boulot. Il y a ces bouts de passé à jamais perdus et condamnés à ne jamais être élucidés, que, dans un instant de folie, on voudrait voir réssuciter dans l'espoir qu'un jour ils prennent sens et finissent par s'effacer...
Et puis... il y a l'horreur. L'horreur sous sa forme réelle. Ni imagée, ni même dramatisée. Celle que l'on sait que l'on devrait exprimer avant qu'elle nous dévore, mais pour laquelle on ne trouve même pas les mots adéquats.

Parfois, j'ai peur de me reveiller un jour, de réaliser que ca y est, j'ai complètement perdu la tête. Qui peut traverser une si petite parcelle de vie (23 ans) en ayant vu autant d'atrocités en même temps, et sans perdre les pédales ?
Je pourrais me raccrocher à la raison, à la morale, être de ces héroïnes qui sauvent la situation, dans un souffle de rage, tout perdre, puis se réfugier dans l'anonymat, avant de finir parmi toutes ces légendes urbaines... Mais non. J'ai choisi, non pas de fermer les yeux, mais de laisser l'horreur faire.
Le mal n'engendre que le mal... Années après années, sans que je ne le sente, un monstre naissait en moi. Et ce monstre, me chuchotte doucement tous les soirs, dans un creux de mon âme... "Ils ont tout ce qu'ils méritent. Tu le sais. Tu l'as toujours voulu. Alors, savoure le spectacle..."

La question que je me suis posée pendant plus de vingt ans était de savoir si j'aimais, quelque part dans une partie infime de mon inconscient, ces gens à cause de qui j'ai une angoisse infinie de ce que véhiculent mes propres gènes. La réponse est non.
Merde à la société et ses valeurs puritaines; le devoir absolu d'aider son prochain, le respect perpétuel à ceux qui nous ont enfantés, le pardon, l'amour inconditionnel, et autres conneries pensées par des gens qui ont probablement été élevés dans un monde de guimauve sans la moindre imperfection.


Je n'irai pas en enfer.

J'en viens déjà.

Humeur: Cruelle